La taille : un dialogue entre homme et plante

La taille : un dialogue entre homme et plante

La vigne est une liane sauvage qui produit des raisins pour se multiplier et se régénérer…

L’homme est un buveur invétéré qui doit très lentement ''apprivoiser'' sa vigne pour parvenir à ses fins…Avant de tailler la vigne, il faut la planter : greffer le plant, le faire éventuellement grandir en pépinière, l’installer en terre, choisir l’orientation des rangs, l’écartement des plants,… Chacun de ces choix est le début d’un long compagnonnage : combien faut-il de génuflexions, au pied de chaque cep avant que les racines ne s’installent solidement, contournant les obstacles pierreux, et de soins attentifs pour que lentement le tronc s’élève et jaillisse de la terre vers la lumière dont il se nourrira aussi.

Il faut ensuite architecturer la vigne en fonction de nos questionnements écologiques, agronomiques mais aussi économiques et sociaux ou encore… ergonomiques. Chaque région viticole, chaque vigneron a sa réponse technique particulière. Aussi la taille est-elle une sorte de langage avec lequel, le vigneron, d’année en année, dialogue avec sa vigne. Chaque cep répond à sa manière, gardant les traces de nos gestes sur ses charpentes et nous nous attachons petit à petit à ce grand troupeau végétal…

Nous avons donc choisi de conduire la vigne à bonne hauteur du sol pour que puisse pousser un tapis végétal abondant et libre de fleurir. Nous avons voulu aussi lui donner une large surface d’exposition foliaire car elle est un capteur d’énergie médiocre si l’on n’y prend pas garde. Nous avons choisi de ne la rogner que très faiblement pour lui permettre de pousser vers la lumière sans épaissir inutilement son feuillage. Nous avons tenté d’adapter le système de taille pour que les charpentes des souches occupent au mieux l’espace disponible sans entassement de grappes ni de feuilles, afin que le vent et le soleil circulent librement et réduisent la pression des champignons parasites. Nous nous sommes également attaché à pouvoir tailler debout et vendanger à hauteur d’homme par respect pour le vigneron et pour que dure la joie des vendanges.

Ces exigences nous ont conduites à opter pour un système en double cordon alterné, inspiré de systèmes déjà existants et accommodé à la sauce Cantalauze. Ce système nous convient, à chacun cependant de trouver le sien…

Il est néanmoins très important, pour éviter les maladies du bois, d’adapter la longueur des coursons à la vigueur de la souche, de répartir équitablement la sève entre fruits et bois, d’éviter les blessures, les tailles rases, les remaniements intempestifs,…

En ce qui concerne la taille Cantalauze, le tronc est surmonté de deux cordons pérennes qui se croisent et viennent se fixer sur des fils porteurs en hélice. L’un des cordons porte quatre coursons fructifères, l’autre porte quatre tailles rases qui fourniront les bois de taille de l’année suivante. La sève est ainsi répartie entre récolte et réserve. Elle assure le présent et l’avenir.

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